Indicateurs de performance de gestion et le prix de revient
22 juin 2009 – 8:00Par: Michel R. Beaudry
Directeur de Projets: Amélioration Continue
Dans l’environnement compétitif actuel, l’amélioration continue est la clé du succès. Cependant, pour vraiment s’améliorer, il faut d’abord bien se connaître (et connaître son environnement d’affaires aussi, évidemment). En pratique, il faut donc bien définir la situation dans laquelle se trouve l’organisation.
Pour cela, il est nécessaire de mettre en place de bons outils de mesure. De bons indicateurs de performance offriront des informations sur la situation actuelle de l’organisation et constitueront des jalons (benchmark) qui permettront de bien orienter et de suivre la progression de l’entreprise sur le chemin de l’amélioration. Ces mesures permettront d’identifier les forces et les faiblesses de l’organisation ainsi que les endroits où il est important d’intervenir afin de rendre l’entreprise plus concurrentielle. Mais comment cibler ces endroits à améliorer? C’est là que la contribution d’un prix de revient bien établi peut créer une différence majeure !
Pourquoi lier les indicateurs de performance et le prix de revient ?
Parce que trop souvent, la dimension financière des indicateurs de performance n’est pas prise en compte. Pour illustrer ce fait, laissez-moi vous raconter une anecdote concernant un directeur de production et son équipe, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler récemment. Ce directeur voulait établir son pourcentage de perte sur les opérations manufacturières de certaines machines. Nous discutions du pourcentage avec les opérateurs et ceux-ci nous indiquaient que le taux de rejet pouvait s’élever à près de 8,5 %. Tout le groupe estimait que ce chiffre était raisonnable. Le besoin d’améliorer le processus ne semblait pas pressant, car on avait toujours vécu avec de tels taux de rejets, qui semblaient presque normaux. Après avoir calculé le prix de revient des produits issus du processus manufacturier en question, les résultats nous ont démontré que les pertes en question s’élevaient à plus de 12 500 $ par jour ! Nous avons donc présenté nos résultats au groupe. Tout le groupe était abasourdi ! Évidemment, tous étaient d’accord pour faire des changements.
Dans des situations comme celles-ci, le recours à des techniques d’amélioration continue prend tout son sens. Nous avons donc opté pour un projet d’amélioration utilisant une technique structurée de résolution de problèmes, en sept étapes. Ce projet a permis une diminution de 65 % du taux de rejet, représentant près de 7 500 $ d’économie par jour. Sans la dimension financière, il n’est pas certain que les gens auraient vraiment pris conscience de la gravité de la situation et de l’opportunité qui se présentait à eux en terme d’amélioration!
Implanter un système d’indicateurs de performance basé uniquement sur des quantités ou des pourcentages est beaucoup mieux que rien, mais a ses limites… Jumelés à des indicateurs de prix de revient, ces mêmes indicateurs prennent un sens plus tangible et permettent de cibler des objectifs d’amélioration monétaires précis. Il devient alors possible de mesurer le retour sur investissement d’un projet… ce qui ajoute une dimension plus qu’intéressante au travail de vos équipes d’amélioration.
De façon plus large, de bons indicateurs de performances, prenant en compte le prix de revient …
- permettront de mettre en place des objectifs réalistes et de déterminer avec quel degré de succès l’organisation atteint ces objectifs;
- mettront en évidence les problèmes opérationnels et permettront d’y réagir très tôt;
- serviront d’éléments déclencheurs de projets d’amélioration et de point de départ afin de mesurer les progrès de l’entreprise;
- permettront de faire le suivi et de mesurer les impacts des mesures correctives mises en œuvre pour améliorer l’organisation;
- agiront comme facteurs de motivation des employés en encourageant et en récompensant les comportements désirés et les performances méritoires;
- contribueront à l’établissement des stratégies et des plans d’action de l’organisation.
Ces mesures peuvent aussi être structurées de façon à évaluer et à suivre l’efficacité de chacun des départements de l’organisation. Des outils de mesure performants devraient aider ceux-ci dans leur auto-évaluation, leur fournir des éléments de motivation et leur donner le pouls des progrès accomplis.
En bref, les indicateurs de performance ont pour but de vous transmettre en temps réel les signes vitaux de votre organisation… pouvez-vous vraiment vous permettre qu’ils soient incomplets, inexacts ou trop lents ? Évidemment, non ! Considérant l’importance de leur rôle, leur élaboration devrait donc être faite méthodiquement et sérieusement et les résultats, être suivis systématiquement !
À bientôt !