Image ou réalité ? Les communications ont le dos large… un retour à l’éthique s’impose.
22 juin 2009 – 8:00Par: Martin Lapointe
Directeur de projets: Gestion de la formation
«Il faut refaire notre plan de communication ! Travailler notre image !», «C’est la faute aux médias ! J’ai été mal cité !»
«Perception erronée», «Problème de communication», «Problème d’image»: Les journaux regorgent d’exemples de gens — dirigeants d’entreprise, vedettes, politiciens ou même gens ordinaires — qui mettent sur le dos des communications, ou des problèmes de perception, les commentaires négatifs émis à leur endroit.
Ça peut sans doute arriver… quelquefois. La plupart du temps, par contre, ces explications sont des écrans de fumée qui masquent des problèmes bien réels. L’emballage et les discours n’y changeront rien. La political correctness empêche peut-être maintenant de dire certaines choses trop crûment, mais la réalité demeurera toujours la réalité. De la fumée sans feu ? Ça demeure assez rare…
J’ai pu observer un jour un dirigeant de PME parler ainsi de l’importance du «respect», qu’il voulait positionner comme valeur #1 dans son entreprise : «Ils vont apprendre à me respecter les tab… !». Si les employés de cette entreprise n’ont pas l’impression d’être respectés et importants … Est-ce vraiment un problème de communication? Si ce dirigeant ne se sent pas apprécié «à sa juste valeur» par ses employés, est-ce vraiment un problème d’image ? En fait, les probabilités sont qu’il sera effectivement apprécié «à sa juste valeur», peu importe l’enrobage qu’il apportera à ses discours…
Sur quoi travailler, alors? Oui, les communications sont importantes, de plus en plus. Dans toutes les organisations, les gens s’attendent maintenant à être informés, consultés, impliqués… mais les communications ne sont pas une panacée universelle et ne peuvent pas, à moyen ou long terme, masquer les réalités. À chaque fois qu’on pose un diagnostic en entreprise, on constate que les perceptions de l’ensemble du personnel, à l’égard de leur entreprise, ne sont jamais trop loin de la réalité. Il est vrai que les perceptions sont longues à évoluer et que les difficultés historiques sont très longues à se faire oublier, mais il demeure extrêmement rare que les gens fassent fausse route sur la réalité de leur milieu.
Ce qui est perçu et jugé, c’est le comportement et les actions quotidiennes et à long terme, les choix posés dans les situations critiques, la fidélité à des valeurs et orientations, la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait, la sincérité des efforts et des discours. C’est à ce niveau qu’il faut avant tout travailler, au niveau de l’éthique et du sens du travail. Beaucoup plus difficile que de se composer un beau discours… Cela exige à la fois modestie, réflexion et volonté… mais les résultats sont autrement solides et durables…
Cela dit, ce devoir de lucidité, assurer la cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait, ne s’applique pas qu’aux dirigeants… il est en effet tout aussi facile de dire «c’est la faute à la compagnie» que de dire «c’est la faute aux médias!». Il est donc plus que temps de penser éthique de travail et éthique au travail, et ce, à tous les niveaux !