À grands coups d’amendes
16 novembre 2009 – 5:00Par: Roger Matteau
Conférencier senior SST
Le meilleur moyen de freiner les ardeurs des conducteurs trop pressés est probablement de fouiller dans leurs poches. En est-il ainsi pour nos employeurs québécois lorsqu’il y a dérogation ou négligence à la sécurité au travail ? Et pour le personnel, qu’en est-il ?
Le gouvernement du Québec a présenté le projet de loi 45 en avril dernier, visant à majorer de façon très substantielle les amendes aux entreprises fautives. La législation a été adoptée en juin si bien qu’à compter de juin 2010, les pénalités pécuniaires seront doublées. Dès janvier 2011, ce sera le triple des sanctions actuelles, toujours sur le plan monétaire.
Les uns crient au scandale et les autres applaudissent la nouvelle sévérité annoncée. Évidemment, l’objectif louable est de réduire les accidents de travail. Il suffit de penser aux quelque 200 décès dénombrés chaque année sur nos chantiers de construction, dans nos usines, nos laboratoires, etc.
Toutefois, il serait malheureux de conclure que cette épée de Damoclès puisse à elle seule produire les améliorations souhaitées. Il y a toujours beaucoup trop d’entreprises qui n’ont pas encore de culture sécuritaire. Certaines considèrent même en 2009 la prévention au travail comme un mal nécessaire. On est loin ici et là de classer la sécurité au rang de priorité.
La prévention ne connaîtra jamais de ligne d’arrivée. Il faut donc sans cesse garder la flamme allumée, c’est-à-dire détecter, annuler ou contrôler les risques, analyser les quasi-accidents et accidents et valoriser les bons comportements. Aussi, établir les procédures et en exiger le respect, rechercher la collaboration syndicale, fixer et vérifier les objectifs et autres.
Bref, la sécurité au travail, il faut s’en imprégner, en faire plus qu’une priorité, en faire une valeur. Pourquoi ne pas aussi aborder, au boulot, la sécurité hors travail ?